Teilhard de Chardin

Son œuvre

L’œuvre de Pierre Teilhard de Chardin est incontournable en tant qu’essai sur la spiritualité. Il s’agit d’un effort de réconciliation des temps modernes entre la science en évolution et le surnaturel :

« Depuis saint Thomas d’Aquin, plus aucun théologien ne conteste qu’en dépit d’une notable différence de niveau, il y a une harmonie interne entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel. Alors qu’au moyen âge cette concordance harmonieuse entre les deux ordres était, pour ainsi dire, évidente, pour l’homme de notre époque, féru des progrès de la science moderne, elle est, à plus d’un point de vue, difficile à déceler. Non que l’intellectuel chrétien la mette en doute, mais il ne la voit plus, bien qu’il demeure convaincu de son existence.

Le père Teilhard de Chardin a fait de cette deuxième et plus large synthèse, celle du christianisme et de la connaissance scientifique moderne, l’objet constant de son étude et de sa réflexion. » (Teilhard, Le phénomène humain 1955 p. 9)

Grand croyant et homme de science, il estime que le lien entre le connu et l’inconnu divinisé c’est l’Amour, et que ce message d’Amour nous vient d’ailleurs, d’un autre monde.

« Une noble passion donne des ailes. Voilà pourquoi le meilleur réactif pour reconnaître dans quelle mesure un amour est élevé serait d’observer dans quelle mesure il se développe dans le sens d’une plus grande liberté d’esprit. Plus une affection est spirituelle moins elle absorbe, – et plus elle pousse à l’action.

[…]

« L’amour est le seuil d’un autre univers. » (Teilhard, Sur l’Amour, 1967 p. 27)

C’est là une idée réconfortante pour les croyants et attrayante pour les non croyants puisqu’elle humanise l’idée de Dieu. L’amour humain est l’Amour (avec un grand A) lorsqu’il embrasse l’humanité tout entière et devient ainsi une valeur transcendantale. L’œuvre de Teilhard est abondante et parfois hermétique. Heureusement, il a lui-même produit une synthèse : Le phénomène humain. Cet essai synthèse s’appuie sur quatre hypothèses:

  1. il accorde la primauté au psychique et à la pensée;
  2. il attribue une valeur biologique au Fait Social (dont les balbutiements sont apparus il y a environ 10 000 à 12 000 ans à l’époque des premiers développements en agriculture qu’on a appelé la révolution agricole);
  3. il prend en compte le dedans aussi bien que le dehors des choses c’est-à-dire l’esprit autant que la matière;
  4. il dit ne pas faire de philosophie ou de théologie, mais de l’Hyper-physique (ce mot même d’hyper-physique nous indique que Teilhard veut intégrer l’humain dans la physique).

La recherche et le savoir sont pour lui essentiels. Être pour savoir et non pas être pour avoir :

« Chercher à voir plus et mieux n’est donc pas une fantaisie, une curiosité, un luxe. Voir ou périr. Telle est la situation, imposée par le don mystérieux de l’existence, à tout ce qui est élément de l’Univers. Et tel est par suite, à un degré supérieur la condition humaine. » (Teilhard, précité, p. 22)

«Voir» se définie ici comme une prise de conscience accrue du fait d’être et de la raison d’être.

Un sommaire de son œuvre maitresse, Le Phénomène humain est présenté dans les pages suivantes.

(Page révisée le 4 décembre 2019)

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